Is 40, 1-11 : La consolation d’Israël

 

 

1.    Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu.

2.  Parlez au cœur de Jérusalem et criez-lui

     que son temps de service est accompli, que sa faute est payée,

     qu’elle a reçu de la main du Seigneur le double pour tous ses péchés.

 

3.  Une voix crie :

     « Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur,

     dans la steppe, aplanissez une route pour notre Dieu.

4.  Que toute vallée soit comblée, toutes montages et collines abaissées,

     que les lieux accidentés se changent en plaine,

     et les escarpements en large vallée ;

5.  alors la gloire du Seigneur se révélera, et toute chair d’un coup la verra,

     car la bouche du Seigneur a parlé. »

 

6.    Une voix dit : « Crie », et je dis : « Que crierai-je ? »

-         « Toute chair est comme l’herbe,

sa consistance est comme la fleur des champs.

7.    L’herbe se dessèche, la fleur des champs se fane,

quand le souffle du Seigneur passe sur elles.

Oui, le peuple c’est de l’herbe.

8.    L’herbe se dessèche, la fleur se fane,

mais la Parole de notre Dieu demeure éternellement. »

 

9.    Monte sur une haute montagne, toi qui apportes la bonne nouvelle à Sion ;

élève et force la voix, toi qui apportes la bonne nouvelle à Jérusalem ;

élève la voix, ne crains pas, dis aux villes de Juda :

« Voici votre Dieu,

10. voici le Seigneur Dieu qui vient avec puissance,

et son bras assure sa souveraineté ;

voici qu’il porte avec lui sa récompense, et son salaire devant lui.

11. Tel un berger il fait paître son troupeau,

de son bras il rassemble les agneaux, il les porte sur son sein,

il conduit doucement les brebis qui allaitent. »

 

0.       Introduction

·        Le livre d’Isaïe est considéré parfois comme le 5ème Évangile. C’est d’ailleurs le livre le plus cité dans le NT (TOB 743). C’est le livre prophétique où les annonces des temps messianiques sont les plus fortes et les plus abondantes.

·        On distingue usuellement trois parties dans le livre d’Isaïe :

-         1-39   : écrite avant l’exil à Babylone

-         40-55 : Livre de la consolation d’Israël, écrit pendant l’exil

-         56-66 : écrite après l’exil     

 

1.       Contexte historique

- Ch. 40-55 : Le deuxième Isaïe appelé Le livre de la consolation d’Isaïe.  La consolation y est en effet le thème principal.

·        Le deuxième Isaïe :  est 200 ans postérieurs au 1er Isaïe. Jérusalem a été prise et détruite ; le peuple hébreu a été déporté (586) et est captif à Babylone. Trente ans après le début de cet exil, Cyrus devient le roi des Perses. Ses options politiques, ses victoires successives laissent entrevoir qu’une libération pourrait être possible. Il sera en fait l’instrument de Dieu pour la délivrance du peuple.

·        Le prophète a prêché en Babylonie entre les premières victoires de Cyrus II, en 550 av. J.-C., qui laissaient présager la ruine de l’empire babylonien, et l’acte de libération en 538 (BJ, p. 1078). Le contexte de ce Livre de la consolation est donc les 12 dernières années d’exil, durant lesquelles l’espérance d’une libération commençait à apparaître.  Le prophète annonce que le Seigneur va libérer son peuple.

·        L’exil va durer 49 ans, sept semaines d’années (= année de jubilé, année de grâce). Entre les premiers signes d’espoir, en 550, et la libération effective, vers 538, 12 longues années vont s’écouler.

Il faut signaler que la libération a été opérée par Cyrus, un « Messie païen » !

·        Contexte des déportations: d’une cruauté inimaginable ; cf. les déportations dans les camps de concentration, durant la dernière guerre mondiale. L’exil était moins rude, mais néanmoins douloureux (éloignement du temple ; cf. Ps 136-137)

2.       Message du livre de la consolation (BJ 1079) 

·        La consolation y est évidemment le thème principal. Les images utilisés par le prophète pour décrire la libération et la consolation qui en découle sont extrêmement fortes. Elles vont bien au-delà de la libération opérée par Cyrus (du moins dans les textes qui suivent); elles laissent entrevoir la réalisation définitive du dessein de Dieu, son règne universel de justice et de paix.

- Annonce d’un Nouvel Exode, une nouvelle délivrance

- Annonce d’un complet renouveau, d’une nouvelle création. Thème du Dieu créateur lié à celui du Dieu sauveur.

- Textes eschatologiques : distinction entre deux temps : celui des choses passées et celui des choses à venir, d’un nouvel ordre : un seuil qualitatif.

3.       Structure et Thèmes principaux

Ces 11 premiers versets du 2ème livre d’Isaïe constituent une sorte de Prologue à plusieurs voix  qui crient :

-  v. 1-2 : voix d’un messager aux membres du peuple ; consolation, pardon

-  v. 3-5 : voix d’un autre messager ; annonce d’un Nouvel exode

- v. 6-8 : voix encore d’autres messager, comme en dialogue :  la fragilité la finitude humaine opposée à l’éternité de Dieu

- v. 9-11 : voix d’une messagère de Jérusalem :  Puissance et douceur de Dieu, Berger d’Israël

1.    « Consolez, consolez ! »

·        Ce verbe a donné son titre au 2ème livre d’Isaïe, appelé Livre de la consolation. Le terme reviendra 16 fois dans cette partie d’Isaïe. C’est donc le thème principal du 2ème Isaïe.

·        Le temps du verbe hébreu (inaccompli, iqutol) signifie un acte qui commence, dure ou se répète. Il s’agit donc d’une consolation qui commence et qui va durer.

·        La consolation exprime ici bien plus que de « bonnes paroles et des manifestations de douceur destinées à faire oublier les misères de la vie. Le Seigneur vient réellement mettre fin à la servitude et à l’exil. Pour le Seigneur, consoler le peuple, c’est déjà proclamer la fin de sa captivité (cf. CE 20, p. 45-46)

·        Cette consolation, dans le contexte du 2ème Isaïe signifie même plus que la délivrance du malheur et du mal : elle apporte aussi le reflet de la clarté, de la splendeur, de la gloire de Dieu (Cf. TOB, p. 739). Pour le Seigneur, consoler les membres du peuple, c’est leur communiquer réellement sa splendeur divine.

 

2.    Parler au cœur : 

A trois reprises dans la Bible en lien avec le verbe réconforter  (Gn 50, 21 ;Rt 2,13). En hébreu, parler au cœur ne s’adresse pas seulement au sentiment, mais aussi à la raison et à la volonté (cf. le cœur dans la culture sémitique) 

// Os 2, 16 : « C'est pourquoi je vais la séduire, je la conduirai au désert et je parlerai à son cœur ». Cette parole était adressée au peuple d’Israël infidèle à Dieu, que le prophète Osée compare à une épouse infidèle.

Le désert (cf. v. 3) est le lieu du premier amour, le lieu de l’alliance entre Dieu et son peuple, le lieu considéré comme un idéal perdu. Et il y a toujours eu pour les justes d’Israël l’espoir d’un Nouvel Exode.

 

·        Sa faute est payée… double punition pour tous ses péchés :

 // Is 61, 7 « Au lieu de votre honte, vous aurez double part… aussi recevrez-vous un double héritage » : à la double punition correspond le double héritage.

Problème de Dieu qui punit :  Est similaire au problème de Dieu qui provoque le malheur. Cf. Is 45, 7 « Je fais le bonheur et je crée le malheur ». Ce problème découle d’une philosophie et d’une théologie qui ne distinguent pas encore les causes premières et les causes secondes (la nature, l’être humain ; ex.) : si Dieu est créateur de tout l’univers, et est à l’origine de tout, si rien n’échappe à son pouvoir, on pensait alors qu’il était la cause directe de toute chose, du bonheur ainsi que de toutes les catastrophes et calamités qui nous arrivent. 

Or, Dieu ne veut pas directement tous les malheurs qui se produisent : certes, ils n’échappent pas à son pouvoir ; Dieu les intègre dans sa providence, c'est-à-dire dans un projet ou un plan d’ensemble plus large. Il les accepte indirectement pour respecter la liberté de l’homme et les lois de la nature. Mais il ne les provoque pas directement.

Ce qu’il faut retenir de ce verset c’est qu’il veut exprimer le pardon de Dieu, et la fin de son épreuve.

 

3-5.       Une voix crie : « Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur ...»

·        Des textes babyloniens parlent en termes analogue des voies triomphales préparées pour le dieu ou le roi victorieux.

·        « C’est ici la route sur laquelle Yahvé conduira son peuple à travers le désert en nouvel Exode. » (Bible de Jérusalem, p. 1130, note h). Dieu y est aussi le berger de son peuple (v. 11). L’Exode est ici en arrière fond ; il sera explicité plus loin.

·        Le terme Exode (exodos) désigne l’action de sortir, le chemin de sortie. Dans le langage biblique, il signifie la sortie du peuple captif en Égypte, et son chemin à travers le désert en vue de la terre promise, avec tous les signes et prodiges accomplis par Dieu.

·        Pour Israël, l’Exode est un événement fondamental, fondateur, auquel sans cesse les textes bibliques se réfèrent. L’exode est le prototype et le gage de toutes les délivrances opérées par Dieu envers son peuple

·        Or, le prophète dit que le plus merveilleux n’est pas dans le passé, mais il est dans l’avenir. Non seulement il y aura un Nouvel Exode, mais il sera tellement beau que l’on oubliera l’ancien ; les prodiges de la sortie d’Égypte seront éclipsés. (VOCABULAIRE DE THEOLOGIE BIBLIQUE 422 ; 423 ; CAHIER D’EVANGILE 20 p. 41-42)

 

·        Le thème du Nouvel Exode est très important dans le 2ème Isaïe.

- Cahier d’Évangile 20 :  « Le deuxième Isaïe. Le prophète du nouvel Exode »,

- (Cf. Is 41, 17-20).

- Un texte fondamental : Is 43, 16-21, intitulé dans la Bible de Jérusalem :  Les prodiges du Nouvel Exode

Le désert :

Dans la bible, le désert est présenté de deux manières différentes :

·        Comme un lieu de malédiction : c’est un lieu aride, infertile, l’eau et la nourriture y sont rares, presque pas de végétation, la vie y est très difficile. C ‘est un lieu de combat et de tentation. C’est en quelque sorte un lieu de chaos et de malédiction (le lieu des démons ; cf. tentations du Christ).

Mais c’est aussi un lieu où on ne vit plus que de l’essentiel (cf. Bédouins : éviter tout geste inutile), où l’on est ramené à l’essentiel ; un lieu qui fait ressortir la futilité des choses auxquelles on accorde parfois tant de prix dans la vie de tous les jours.

Le lieu de la rencontre avec Dieu, lieu de naissance :

Et c’est peut-être pour cela que Dieu a voulu que son peuple naisse au désert. L’événement de l’exode va en fait transformer la symbolique précédente en la positivant : « Si le désert conserve toujours son caractère de lieu désolé, il évoque avant tout une époque de l’histoire sainte : la naissance du peuple de Dieu. » (Vocabulaire de Théologie Biblique, p. 261) C’est le lieu des fiançailles de Dieu avec son peuple, un lieu de solitude, loin des futilités du monde, un lieu de ressourcement, le lieu où Dieu peut parler au cœur de l’homme.

Pourtant, Israël n’est pas appelé à rester au désert, il est appelé à la terre promise. Le désert n’est qu’un lieu transitoire de préparation, de naissance.

·        Certains textes du Livre de la consolation présentent les temps messianiques comme la transformation du désert en paradis. Le désert serait ainsi le lieu où doit venir le Messie (cf. Vocabulaire de Théologie Biblique, p. 264 ; Ap 12)

·        NT : Dans le NT, cette voix qui crie dans le désert est comprise comme celle de Jean Baptiste (Mt 3, 3). L’Évangile veut ainsi affirmer que c’est Jésus qui entraîne son peuple dans ce Nouvel Exode, Jésus qui est le nouveau Moïse à la tête de ce peuple ; et même plus, Jésus est Dieu lui-même qui guide ce peuple comme un berger son troupeau.

·        De fait, dans l’Évangile de Mt, Jésus revit le chemin accompli par Israël, il récapitule l’histoire d’Israël. Temps en Égypte (Mt 1, 14 ; Os 11, 1 : « D’Égypte j’ai appelé mon fils ». Jésus reste au désert  pendant 40 jours, comme jadis Israël pendant 40 ans. Il y connaît les 3 tentations auxquelles Israël a succombé, mais que Jésus surmonte victorieusement. Puis il retourne en Galilée, ce pays ruisselant de lait et de miel, qui était la terre promise par Dieu au peuple hébreu.

« Jésus se présente comme celui qui accomplit en sa personne les dons merveilleux de jadis » (Vocabulaire de Théologie Biblique, p.  265), lors de l’Exode : il est la source d’eau vive (Cf. Moïse), le vrai pain du ciel (Cf.  manne), la lumière qui conduit l’humanité (cf. nuée lumineuse) ; il est la loi nouvelle, inscrite dans le cœur de l’homme (cf. Mont Sinaï)

·        Ap 12 : la femme qui crie dans les douleurs de l’enfantement, et qui s’enfuit au désert pour être protégée ; si cette femme symbolise l’Église, celle-ci est appelée à vivre cachée au désert jusqu’au retour du Christ, qui mettra fin à la puissance de Satan.  Et l’Église, c’est chacun de nous…

·        On pourrait dire que le désert est comme un passage obligé, pour la naissance à la vie d’enfant de Dieu. Le désert est le lieu de notre Exode.

 

4.       Que toute vallée soit comblée….

·        Dans le sens des textes babyloniens, il s’agit réellement d’une préparation du terrain pour le roi victorieux, nécessaire vu l’état des chemins dans le désert.  Encore plus nécessaire si c’est pour Dieu lui-même.

·        Le NT, en Mt 3, 3, interprétera ces paroles en un sens spirituel , et ce sens nous concerne tous : le chemin d’accès à notre terre est caillouteux, cahoteux, encombré, sinueux, embrouillé…

5.            Alors la gloire du Seigneur se révélera…

·        Le mot hébreu traduit par gloire signifie originellement le poids. « Ici, Dieu va faire sentir le poids de son intervention en délivrant Israël » (TOB, p.  830 note v)

La gloire, la puissance du Seigneur se révélera comme au temps de l’Exode, par des signes et des prodiges éclatants. « D’un coup » exprime le caractère subit de cette venue.

 

Les v. 6-8 :

·        Ces versets font le contraste entre la fragilité, la finitude humaine, et l’éternité, l’immuabilité de Dieu ; ils affirment la certitude dans la réalisation de la parole de Dieu. Cette partie s’insère d’ailleurs entre deux parties qui soulignent la gloire, la puissance de Dieu.

Is 55, 10-11 : « De même que la pluie et la neige descendent des cieux et n’y retournent pas sans avoir arrosé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer… ainsi la parole qui sort de ma bouche… ne revient pas vers moi sans avoir accompli ce que j’ai voulu et réalisé l’objet de sa mission »

·        Au fil des années d’exil, le doute s’est insinué dans la réalisation des promesses de Dieu. Au plan psychologique, nous fonctionnons en grande  partie par mode de projections. Dieu affirme qu’il est au-delà de tout ce que nous pouvons penser ou imaginer, au-delà de tout ce que nous avons pu expérimenter dans notre vie.

 

9-11. Annonce la venue de Dieu parmi nous, au milieu de nous :

9. toi qui apportes la bonne nouvelle à Sion : Littéralement : « Messagère de la bonne nouvelle pour Sion » ; traduit dans la bible grecque des Septante : euangélistès, c'est-à-dire évangéliste. L’évangéliste est le messager de la bonne nouvelle.  Cf.  Is 61, 1 – Lc 4, 17ss

·        Les versets 9-11 allient à la fois des termes qui expriment la puissance et l’autorité, et des termes qui expriment la douceur.

En fait, l’image du berger elle-même contient ces deux dimensions : « Le pasteur est à la fois un chef et un compagnon. C’est un homme fort, capable de défendre son troupeau contre les bêtes sauvages. » (Vocabulaire de Théologie Biblique, p.  917)  Cf. David : 1 S 17, 34-35 : « Quand ton serviteur faisait paître les brebis de ton père, et que venait un lion ou un ours qui enlevait une brebis du troupeau, je le poursuivais, je le frappais et j’arrachais celle-ci de sa gueule. Et s’il se dressait contre moi, je le saisissais  par les poils du menton, et je le frappais à mort. ». Jésus…

Mais c’est aussi un homme doux, délicat, qui prend soin de ses brebis, qui s’adapte à leur situation, à leurs fragilités, à leurs infirmités et maladies : Ez 34, 11-16 : « Voici que j’aurai soin moi-même de mon troupeau et je m’en occuperai… C’est moi qui ferai paître mes brebis et c’est moi qui les ferai reposer, oracle du Seigneur Dieu. Je chercherai celle qui est perdue, je ramènerai celle qui est égarée, je panserai celle qui est blessée, je fortifierai celle qui est malade. »

 

Le thème du berger est extrêmement fréquent dans la Bible : et c’est normal parce que le peuple hébreu à son origine était un peuple de bergers.

- Abraham, Isaac et Jacob étaient berger et avaient d’immenses troupeaux.

- Moïse était berger, et c’est lorsqu’il gardait les troupeaux de Jéthro que Dieu lui est apparu et lui a confié la mission de faire sortir son peuple d’Egypte.

- David était berger, et Dieu l’a tiré de derrière les parcs à moutons pour être le roi d’Israël.

- Le Seigneur lui-même est le berger de son peuple, qui le conduit avec douceur et justice. Les relations entre Dieu et son peuple sont comme une parabole du bon berger (cf. Ez 34, 11-16)

- Jésus se présentera comme le bon berger qui aime ses  brebis (Jn 10). Si les mauvais bergers s’enfuient lorsqu’ils voient venir le loup, Jésus par contre dit qu’il va jusqu’à donner sa vie pour ses brebis. Il est le bon berger qui part à la recherche de sa brebis perdue, qui la porte sur ses épaules et la ramène dans son bercail
(Lc 15, 4-5).

4.       Synthèse, interprétation

·        Cet oracle est une parole de consolation, d’espérance pour un peuple depuis 40 ans dans la détresse de l’exil et de la servitude, un peuple qui a de la peine à croire à sa délivrance. C’est une parole qui s’adresse à nous, dans toutes nos détresses, tous nos exils, toutes nos servitudes, nos situations où il ne semble plus y avoir d’issue possible, où Dieu semble nous abandonner, ne pas intervenir.

·        C’est une parole dit ce qu’elle va faire, mais aussi qui fait ce qu’elle dit. Une parole qui va s’accomplir avec certitude : « L’herbe sèche, la fleur se fane, mais la parole du Seigneur demeure éternellement ».

·        C’est une parole qui annonce la venue du Seigneur et un Nouvel Exode (plus grand que le premier), qui annonce la manifestation de la gloire et de la puissance de Dieu.

·        C’est au désert que Dieu viendra pour ce Nouvel exode, et c’est donc au désert qu’il faut l’accueillir.

·        Le chemin doit être préparé pour sa venue (dans notre cœur). Une absence ou un manque de préparation n’empêchera pas le Seigneur de venir, mais nous risquons de passer à côté de sa venue (cf. Jésus).

·        C’est le Seigneur lui-même qui dirigera ce nouvel exode, comme un berger son troupeau. Il le conduira à la fois avec autorité, force et douceur.

·        Ce Berger est pour les chrétiens Jésus Christ, l’Emmanuel, Dieu avec nous, celui qui vient chercher sa brebis perdue, qui la défend contre les bêtes sauvages, et qui la prend sur ses épaules pour la ramener dans son bercail.

·        Si le premier Exode faisait sortir d’Égypte pour conduire en terre promise, le Nouvel Exode vise à nous libérer de nos servitudes intérieures, de notre Exode, pour nous donner la liberté des enfants de Dieu, pour nous faire entrer dans le Royaume de Dieu.  Exil, Exode en ce monde.

·        Pour nous Chrétiens, la gloire de Dieu est apparue sur cette terre la nuit de Noël, lors de la venue du Christ parmi nous. Sa résurrection a été une épiphanie, une manifestation de la gloire divine. Mais nous attendons encore son extension dans notre vie, dans notre histoire. Nous préparons le chemin pour cette extension. Et nous attendons sa pleine manifestation à la fin des temps.

= hâter le jour de sa venue : préparer  le chemin du Seigneur.


Is 40, 1-11 : Pistes d’appropriation

 

- Quelles sont les situations de ma vie où j’ai le sentiment d’avoir « payé au double », d’avoir trop souffert. Les situations où il  me semble qu’il n’y a plus d’issue possible ?

- Quelles sont mes attentes, mes espoirs, mes déceptions peut-être, par rapport à ces situations ?

- Comment résonnent en moi ces paroles de consolation et d’espérance, cette Bonne Nouvelle d’un nouvel Exode (Exodus = sortie) ? Dans quel sens est-ce que je les reçois ?

- En quoi ai-je besoin de préparer le terrain pour la venue (ou le retour) du Seigneur Jésus ? Quels sont les obstacles, peut-être même les impossibilités ?

- Que signifie pour moi accueillir le Seigneur au désert ? Est-ce que les paroles de cette prophétie peuvent m’aider à traverser le désert que je vis peut-être actuellement ? Ai-je des plages de désert à ménager dans ma vie ?

- Méditer sur le thème du Bon Berger, Jésus, l’Emmanuel, qui vient au milieu nous pour chercher sa brebis perdue, blessée ou malade, et me porter sur ses épaules.

 

                                                                                                                 Maret Michel, Communauté du Cénacle au Pré-de-Sauges