Salut

Ø  Par sa mort et sa résurrection, le Christ nous apporte le Salut. St Paul : « Si tu affirmes de ta bouche que Jésus est le Seigneur, si tu crois dans ton cœur que Jésus l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé ». (Rm 10, 9)

Ø  Pour bien saisir le sens du mot Salut,  que l’on comprend souvent de manière très restrictive, il est bien de remonter aux langues d’origine de l’Écriture.

Ø Vocabulaire de Théologie Biblique 1185 : « L’idée de salut (…) est exprimée en hébreu par tout un ensemble de racines qui se rapportent à la même expérience fondamentale : être sauvé, c’est être tiré d’un danger où l’on risquait de périr. Suivant la nature du péril, l’acte de sauver s’apparente à la protection, la libération, le rachat, la guérison ; et le salut, à la victoire, la vie, la paix… »

Ø Une donnée essentielle de la Bible : « Dieu sauve les hommes, le Christ est notre sauveur (Lc 2, 11), l’Évangile apporte le salut à tout croyant. » (Vocabulair de Théologie Biblique 1185) « Dieu veut le salut de tous les hommes. » (1 Tm 2, 4)

Ø Dans L’AT, l’œuvre principale de salut est la libération d’Égypte et l’entrée en terre promise : « Nous étions esclaves de pharaon en Égypte, et Yahvé nous a fait sortir d’Égypte par sa main puissante. Yahbé a accompli sous nos yeux des signes et des prodiges grands et terribles contre l’Égypte, Pharaon et toute sa maison. Mais nous, il nous a sauvé de là pour nous conduire dans le pays qu’il avait promis par serment à nos pères, et pour nous le donner. »

Ø Il est intéressant de relever que dans l’Évangile écrit en Syriaque, qui était une langue très proche de l’araméen que parlait Jésus, le terme sauver n’existe pas : il est exprimé par le verbe vivifier = donner la vie.

Ø  Le terme sôteria (salut) grec ne signifie pas seulement le contraire de la perdition. Être sauvé, ce n’est pas seulement ne pas être perdu. Le terme contient une certaine idée de perfection, de plénitude : le salut, c’est l’intégrité, la santé parfaite du corps et de l’âme, l’immunité de tout défaut et de toute maladie. Le salut, c’est donc la plénitude de vie. Jésus a dit : « Je suis venu pour que vous ayez la vie, et que vous l’ayez en abondance » (Jn 10, 10). Le salut, c’est donc cette vie en abondance que Jésus veut nous donner.  

Ø  Le salut, c’est l’être humain vivant pleinement de la vie de Dieu, l’homme parfaite image et ressemblance de Dieu, l’être humain pleinement en communion avec ses frères et sœurs et avec Dieu.

Ø Dans le NT, le Ct de Zacharie présente le Christ comme un sauveur : « Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui visite et rachète son peuple. Il a fait surgir la force qui nous sauve, dans la maison de David son serviteur… »

Aux bergers, lors de la nativité, l’ange dit : « Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un sauveur, qui est le Christ Seigneur. »

Le nom du Christ lui-même : Jésus, Jeshouah, Dieu sauve.

Le Chist dira qu’il est venu sauver ce qui était perdu.

Dans le discours de Pierre après la Pentecôte, il dit que Dieu a établi Jésus comme Chef et Sauveur ; et qu’il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes par lequel nous puissions être sauvés. 

Ø Si on regarde l’activité messianique du Christ, on voit qu’il ne sauve pas seulement l’âme, il sauve l’être humain tout entier, corps et âme : il sauve les malades en les guérissant. Plusieurs fois, après une guérison physique, Jésus dit : « Ta foi t’a sauvé. » Mais guérison physique comme signe d’une guérison plus profonde : celle du cœur, de l’âme. Le Christ sauve l’homme du péché, du mal, de tout ce qui l’aliène, de tout ce qui étouffe ou tue la vie.


Travail

Ø Contrairement à un préjugé, le travail dans la bible est une valeur positive, il n’est pas la conséquence  du péché : Dans le 2ème récit de la création, dans la Genèse, il est dit que « Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le garder ». (Gn 2, 15)

Ø Plus encore, la présentation de la création en six jours, avec le repos le septième jour, fait un parallèle avec le cycle humain : 6 jours de travail, un jour de repos. L’homme créé à l’image de Dieu, reproduit dans son travail le schéma de la création divine. C’est une manière de dire que Dieu a voulu associer l’être humain à son œuvre de création. Autrement dit, l’homme est co-créateur en ce monde. Cette vocation co-créatrice du travail de l’être humain est exprimée encore à un autre endroit dans le texte de la Genèse : « Au temps où le Seigneur Dieu fit la terre et le ciel, il n’y avait encore aucun arbuste des champs sur la terre et aucune herbe des champs n’avait encore poussé, car Dieu n’avait pas encore fait pleuvoir sur la terre et il n’y avait pas d’homme pour cultiver la terre » (2, 4b)

Ø Donc, ce n’est pas le travail qui est la conséquence du péché, mais la manière de le faire, la manière aliénante, violente, non respectueuse de la création. Le travail peut être cocréation ; mais il peut être aussi aliénation, et il produit alors la décréation. Et retrouver le jardin d’Eden, c’est peut-être retrouver cette harmonie originelle entre l’homme et la terre dont il a été tiré

Ø Dans le récit de la chute en Gn 3, la première conséquence pour Adam est une perturbation dans la manière de vivre le travail, une perturbation dans le rapport à la terre dont il a été tiré. « Parce que tu as mangé de l’arbre que je t’avais interdit de manger, maudit soit la terre à cause de toi. A force de peines tu en tireras subsistance tous les jours de ta vie. A la sueur de ton visage tu mangeras ton pain, jusqu’à ce que tu retournes à la terre dont tu fus tiré. » (Gn 3, 17-19)

Après la chute, le travail se vit dans la disharmonie avec la terre dont l’homme a été tiré, terre qui lui est maintenant hostile. Le travail, qui était participation à l’œuvre créatrice de Dieu, est vécu de manière aliénante, un lieu plutôt de décréation.

Ø Encore aujourd’hui, le travail est un lieu majeur d’oppression de l’homme. Esclavage à peine camouflé, condition de travail inhumaines, même pour les enfants, violence, injustice, convoitise. Et lorsque l’être humain est son propre maître, il est  encore un maître plus dur et plus impitoyable. Il est difficile pour l’homme de vivre le travail dans l’harmonie.

Ø Il y a un lieu biblique qui exprime et concentre cette perversion du travail : la servitude du Peuple de Dieu en Égypte. Et en le libérant d’Égypte, Dieu montre qu’il ne veut pas que l’être humain soit ainsi aliéné dans son travail.

Ø L’homme est appelé à la liberté. Il travaille pour vivre ; il ne doit pas vivre pour le travail, se laisser aliéner par lui. Le sabbat est précisément donné à l’homme pour le lui rappeler. Pour retrouver cette harmonie, cette liberté dans le travail, pour qu’il soit vraiment collaboration à l’œuvre créatrice de Dieu, c’est un long chemin, un combat de chaque jour ; car il y a un maître impitoyable qui sans cesse nous harcèle  et veut nous asservir.

Ø Comme chrétiens, nous sommes appelés à vivre en harmonie avec Dieu, avec notre prochain, avec nous-mêmes, et avec la création. Le travail peut être un lieu de restauration de cette harmonie brisée.


Unité

Ø  Dans le récit de la création dans la Genèse, le premier effet de la transgression, du péché, c’est de diviser, désunir, disperser. Désunion entre l’homme et la femme, entre l’homme et Dieu. Le nom de Satan, diabolos, signifie diviseur. Toute l’œuvre du salut apportée par Dieu sera de rassembler, de restaurer la communion entre les êtres humains, entre l’homme et Dieu.

Ø  Pour cela, Dieu ne va pas sauver les personnes individuellement : il va commencer par constituer une communauté, un peuple, pour progressivement retisser les liens entre les êtres humains.  C’est ainsi la constitution du Peuple de Dieu, Israël.  Il va s’unir à se Peuple par une Alliance. L’Alliance est le lieu où doit se réaliser l’unité, avec Dieu et entre les humains. Dieu essaye toujours de rassembler, de réunir. Inversement, chaque fois que le péché s’installe, c’est la désunion, la division, la dispersion (cf. exil à Babylone).

Ø  De même, le Christ ne vient pas annoncer la Bonne Nouvelle à des individus isolés, mais il va d’abord constituer une communauté de disciples, puis après Pentecôte ce sera l’Église.  Selon l’Évangile de Jn, le Christ est mort « pour rassembler dans l’unité tous les enfants de Dieu  dispersés. » (Jn 12, 52)

Ø  On pourrait dire que le premier souci du Christ est l’unité de tous les enfants de Dieu. Cette prière de Jésus devant Jérusalem : « Combien de fois j’ai voulu rassembler tes enfants, à la manière dont une poule rassemble sa couvée sous ses ailes, mais vous n’avez pas voulu. » (Lc 13, 34) Ou encore la prière du Christ avant sa passion : « Qu’ils soient uns comme nous sommes un, moi en eux et toi en moi, afin qu’ils soient parfaits dans l’unité. » (Jn 17, 23)

Ø  Ep 2, 14-16 : « C’est lui qui est notre paix, lui qui des deux peuples en a fait un seul, détruisant le mur qui les séparait, en sa chair il a tué la haine, (…) Il voulait ainsi, du Juif et du païen, créer en sa personne un seul Homme nouveau, en faisant la paix et en les réconciliant avec Dieu tous deux en un seul Corps par sa croix » .

Ø L’unité est à réaliser entre Dieu et l’homme, entre les humains, mais unité aussi à l’intérieur de l’être humain, qui est toujours plus ou moins divisé. Le manque d’unité entre les humains n’est que la conséquence de cette division à l’intérieur de l’être humain. Celui qui arrive à faire l’unité à l’intérieur de lui-même trouve la paix. Il devient alors artisan de paix et d’unité.


Veiller

La veille caractérise principalement l’avent. Mais elle concerne aussi le carême.

Ø Vocabulaire de Théologie Biblique 1321 : « Veiller, c’est être vigilant, lutter contre la torpeur et la négligence afin de parvenir au but visé. (Pr 8, 34) Pour le croyant, le but est d’être prêt à accueillir le Seigneur, lorsque viendra son Jour ; c’est pour cela qu’il veille et qu’il est vigilant, afin de vivre dans la nuit sans être de la nuit. »

Ø Vocabulaire de Théologie Biblique 1321 : « Dans les évangiles synoptiques, l’exhortation à la vigilance est la principale recommandation que Jésus adresse à ses disciples en conclusion du discours sur les fins dernières et l’avénement du Fils de l’homme. »

Lc 12, 35ss : « Que vos reins soient ceints et vos lampes allumées. Soyez semblables à des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il viendra et frappera. Heureux ces serviteurs que le maître en arrivant trouvera en train de veiller ! En vérité je vous le dis, il se ceindra, les fera mettre à table et, passant de l’un à l’autre, il les servira.. »

Mt 24, 42 : « Veillez donc, car vous ne savez quel jour votre Maître doit venir. »

Ø Vocabulaire de Théologie Biblique 1322 : Dans les épîtres pauliniennes, qui sont imprégnées de l’attente du retour du Christ, on retrouve l’exhortation évangélique à la vigilance :

1 Th 5, 1ss : « Nous ne sommes pas de la nuit, ni des ténèbres ; ne dormons pas comme les autres ; veillons plutôt, soyons sobres. »

Rm 13, 11ss : « Vous savez quel moment (Kairos) nous vivons. L’heure est venue de vous arracher au sommeil ; le salut est maintenant plus près de nous qu’au temps où nous avons cru. La nuit est avancée. Le jour est arrivé. Laissons là les œuvres des ténèbres et revêtons les armes de lumière. Comme il sied en plein jour, conduisons-nous avec dignité. (…) Revêtez-vous du Seigneur Jésus. »

                                                                                                                                               Michel Maret, Communauté du Cénacle au Pré-de-Sauges