Isaïe 8, 23 - 9, 6 : un enfant nous est né

1. Contexte

·        Le livre d’Isaïe est considéré parfois comme le 5ème Évangile. C’est d’ailleurs le livre le plus cité dans le NT. C’est le livre prophétique où les annonces des temps messianiques sont les plus fortes et les plus abondantes.

·        On distingue usuellement trois parties dans le livre d’Isaïe :

-         1-39   : écrite avant l’exil à Babylone

-         40-55 : Livre de la consolation d’Israël, écrit pendant l’exil

-         56-66 : écrite après l’exil

Ce passage se situe dans le 1° livre d'Isaïe, et est le deuxième grand oracle du livret de l'Emmanuel, (Dieu avec nous) (Is 6, 1 - 9, 6). On peut le considérer comme une parabole pour notre siècle (le peuple qui marchait dans les ténèbres).

Ce livret se situe dans le contexte de la guerre syro-ephraïmite:

- 2 royaumes, Aram et Israël (Royaume du Nord, capitale Samarie), veulent former une coalition pour lutter contre la puissance Assyrienne grandissante et inquiétante.

- Juda (Royaume du Sud, capitale Jérusalem), dont le roi est Achaz, refuse d'entrer dans cette coalition et veut au contraire s'allier à l'Assyrie. Isaïe n'est pas d'accord avec cette politique trop humaine d'Achaz et demande de faire confiance à Dieu et non pas aux hommes (cf. Is 7, 10-17: "Voici que la jeune femme est enceinte, elle va enfanter un fils et elle lui donnera le nom d'Emmanuel").

Sur le refus d'Achaz, les deux royaumes du Nord vont attaquer Achaz, mais celui-ci va demander de l'aide à l'Assyrie. Il en découlera la Guerre syro-ephraïmite. Une partie de la Galilée, dans le Royaume du Nord, sera occupée et les habitants réduits en esclavage; certains seront déportés.
Cet oracle de salut annonce à ces habitants de la Galilée une glorification après l'humiliation de la guerre et de la déportation. Il est entouré de deux oracles de malheur.

2. trois niveaux de lecture des prophéties

- un sens premier, immédiat (ex. Fils d’Achaz = Ezéchias)

- un sens second : lecture christologique ; Mt 1, 22-23. Avec Jésus, déjà les temps eschatologiques sont commencés, début des derniers temps. Ce temps se continue chaque jour de l’histoire du monde, chaque jour de notre histoire. Chaque jour de notre histoire, de notre vie, Jésus veut continuer à réaliser ces prophéties en nous.

- Un troisième sens : ces prophéties se sont déjà réalisées avec la venue de Jésus, mais partiellement : elles tendent vers un accomplissement plénier dans le monde. Elles ne sont pas encore totalement réalisées. Elles ne se réaliseront pleinement qu’à la fin des temps, lors du retour du Christ.  (// déjà et pas encore du Royaume)

Exemple : Nouvelle Jérusalem :

-         restauration historique de la ville

-         l’Église de Jésus Christ, l’ensemble des chrétiens

-         la Jérusalem céleste (Apocalypse)

 

« La prophétie ne fait intervenir l’avenir que comme un enseignement pour le présent. » (Bible de Jérusalem, p. 1078). Son but n’est donc pas d’éclairer l’avenir, mais d’éclairer le présent.

3. Structure du Texte et son sens

8, 23. introduction: le verset met en opposition le passé et l'avenir; veut signifier un tournant, le passage de l'humiliation à la glorification; le verset introduit l'oracle qui va être une annonce d'un salut, d'une libération, d'une victoire; celle-ci comporte 4 éléments exprimés dans les 4 versets suivants:

    1. lumière

    2. joie

    3. suppression du travail forcé

    4. anéantissement de la guerre

La lumière et la joie des v. 1-2 ont précisément pour cause la suppression du travail forcé et de la guerre des v. 3-4; ceci est signifié par le car introduisant les versets 3-4

5. car: raison plus profonde de la lumière et de la joie (du salut): la naissance de l'enfant  royal  =   le verset central, verset clef de l'oracle.

6. pour: exprime la finalité, le but de la souveraineté de cet enfant

La conclusion: exprime la motivation, la raison de cette intervention libératrice de Dieu

 

4. Vocabulaire

v. 23. L'humiliation fait allusion aux ravages de la guerre syro-ephraïmite et la déportation qui l'accompagne (Cf. déportations 2° guerre mondiale; nudité, cruautés).

La glorification est l'annonce d'un salut, d'une libération. Ce salut est décrit en 4 éléments:

la lumière, la joie, l'anéantissement du travail forcé, la destruction de la guerre.

v. 1. Les ténèbres symbolisent dans le langage biblique le malheur, la captivité, la mort.

La marche (dans les ténèbres) fait allusion à la marche lors de la déportation.

L'habitation (dans le sombre pays) fait allusion à la captivité dans le lieu d'exil.  

(marche et habitation = binômes polaires: signifient une totalité, totalité des lieux d'existence)

La lumière: Le terme est symbole de libération, de salut et de paix (s'opposant aux ténèbres, la captivité, la guerre, la perdition),

 la lumière est aussi symbole de l'avènement d'un nouveau roi qui, dans les textes égyptiens, était comparé au lever du soleil;

la lumière a une dimension créatrice (cf. texte de la création: la lumière est la première chose créée, paradoxalement avant le soleil; les ténèbres n'ont pas été créées par Dieu: les ténèbres sont négation de la lumière), seul le Dieu créateur peut être à l'origine de la lumière.

v. 2. exprime la joie dans un crescendo impressionnant: on trouve 5 termes exprimant la joie, avec 2 verbes exprimant la démultiplication (quantité) et l'intensification (qualité).

Les images symbolisant la joie sont celles de la moisson et du partage du butin.

v. 3. exprime la première cause de la joie qui est une triple libération du travail forcé, qui va en s'intensifiant: joug, bâton, gourdin. Ceux-ci sont détruits. La mention de Madiân signifie que la victoire annoncée par l'oracle est l'œuvre de Dieu, et non pas oeuvre humaine.

v. 4. décrit la deuxième cause de joie qui est l'anéantissement de la guerre, exprimé par la destruction des chaussures de guerre (ouïe) et des habits de combat tachés de sang (vue). La destruction par le feu de ces éléments de guerre peut suggérer que ceux-ci sont devenus inutiles, du fait de la paix sans fin qui sera annoncée par la suite (cf. Il Is 2;  Is 11)

Les v. 3-4 expriment l'élimination des deux grandes calamités que le peuple a eu a subir les dernières années: la guerre, et le travail forcé consécutif à la déportation ou à l’esclavage. (Pour faire le lien avec notre existence, toute libération, toute suppression de source de violence, toute pacification est cause de lumière et de joie dans notre vie....)

Mais ces deux versets n'ont pas encore exprimé la vraie cause de la joie, la vraie cause de la libération : ceci est décrit au v. 5 qui est la clef de tout l'oracle prophétique.

v. 5. La vraie cause de cette libération et de la joie qui s'ensuit concerne une personne, la naissance d'un enfant. Il s'agit très probablement de l'Emmanuel mentionné aux ch. 7-8 (probablement Ezéchias).

- La souveraineté sur ses épaules fait allusion au manteau royal qui était le symbole du pouvoir; il s'agit donc d'un personnage royal.

nous est né... nous est donné sont ce que l'on appelle des passifs divins: cela signifie que cet enfant est donné par Dieu.

Cet enfant reçoit 4 noms doubles; 4 indique une totalité, à l'image des 4 directions.

- Conseiller-merveilleux: l'adjectif merveilleux dans le livre d'Isaïe sert à désigner l'œuvre de Dieu, ce qui dépasse la capacité humaine. Certains traduisent même ici miracle de conseiller.

- Dieu-fort (El Gibor): dans tout l'AT, ce nom n'est appliqué qu'à Dieu seul (il est d'autant plus inapplicable à un enfant).  Notons que le conseil et la force sont les 2 qualités requises pour un chef (//Is 11, -2: "Un rejeton surgira de la souche de Jessé... sur lui reposera l'esprit de conseil et de force.")

Le conseil et la force sont deux qualités requises pour un chef.

- Père-éternel: il s'agit du seul endroit dans l'AT où le roi est appelé père de son peuple (encore une fois, c'est étonnant pour un enfant). De plus, ce père est dit éternel, et donc régnera pour toujours (// prophétie de Natan à David: "Ta royauté et ta maison subsisteront à jamais devant moi" 2 Sa 7, 16).

- Prince-de-paix: la paix durable est une des caractéristique des temps messianiques; en Jg 6, 24, le mot paix désigne Dieu lui-même.

Dans la majorité des prophéties messianiques, la paix est un élément central. Et c'est normal : il n’y a pas de bonheur possible sans paix. Si les rois avaient toujours dans l'Ancien Orient des nom très solennels, il est étonnant qu'Isaïe aie attribué à un simple humain des titres divins. Ces 4 noms désignent cet enfant de manière à le caractériser comme un être revêtu d'une capacité divine.

v. 6. définit le but, la finalité de la souveraineté de cet enfant ainsi que de ces noms qu'il porte; aux 4 noms de l'enfant correspondent

- pour que s'étende le pouvoir suggère une souveraineté très étendue, sinon universelle

- dans une paix sans fin: j'ai déjà dit que la paix est une caractéristique des temps messianiques, d'autant plus qu'elle est annoncée ici illimitée dans le temps (// Père-éternel, Prince-de-Paix). Cette illimitation dans le temps est encore soulignée au v. 6 par le à jamais.  Il y a donc ici une double illimitation de cette souveraineté: dans l'espace et dans le temps.

- pour établir ce règne

- pour affermir ce règne: pour le rendre solide, stable

2 qualités fondent la solidité de ce règne et sa durabilité: le droit et la justice: couple fréquent dans l'AT; il s'agit des deux qualités sociales fondamentales, que tout roi devrait respecter.

v. 6. exprime la motivation de cette intervention salutaire de Dieu:  l'amour jaloux du Seigneur Sabaôt. Il est important ici de préciser le sens de jalousie attribué à Dieu..... Jalousie humaine  (négatif)   Jalousie de Dieu (positif)

·        Problème des anthropomorphismes (attribution à Dieu d’attitude ou d’actions humaines) : le bras de Dieu, la main de Dieu, la colère, la vengeance de Dieu ; Dieu est au-delà de toutes les attitudes humaines : il est le Tout autre. La jalousie, c'est la passion que l'on éprouve pour celui ou celle que l'on aime, et qui ne tolère aucun empiétement par un autre; c'est un amour qui est prêt à défendre l'être aimé en cas d'empiétement par un intrus. L'amour jaloux, c'est le contraire d'un amour froid, d'un amour de raison: c'est un amour qui comporte une certaine violence, une passion; c'est l'amour à son paroxysme qui ne peut supporter aucun concurrent.

Dans le cas présent, il y a refus de Dieu de partager son peuple avec une autre nation; il y a donc une impossibilité d'arracher le peuple de la main de Dieu.

Transposé à nous, l'amour jaloux de Dieu est un amour passionné qui n'accepte pas que nous tombions aux mains de l'ennemi (= le mal, tout ce qui tue la vie en nous, qui nous aliène, nous rend esclave).

Le Seigneur Sabaôt signifie au sens propre les armées, et au sens figuré les puissances; il signifie alors la puissance divine.

La jalousie de Dieu est redoutable, car il a les moyens pour protéger son peuple.

 4. synthèse

   Si l'on examine le temps des verbes,  le v. 23 regarde à la fois vers le passé et le futur :        les v. 1-5 regardent vers le passé

                                                                                                                                                  le v. 6 regarde vers le futur.

On est donc ici à un tournant. Un enfant est né, et on attend par conséquent un salut proche.

   Il s'agit d'un oracle messianique: l'enfant est roi, et il est de la descendance de David. (Messiah, Christos) Il est celui qui doit apporter le salut à son peuple.

Celui qui recevait l’onction était avant tout le roi (aussi le grand prêtre); on l’appelait l’Oint du Seigneur. Celui qui avait  reçu l’onction était appelé le Messie (messiah) en Hébreu, le Christ (christos) en Grec (les deux termes sont une traduction du mot ).  Le Messie ou le Christ est celui qui a reçu l’onction.

Les rois ayant souvent mal tourné, corruption, polythéisme, vie décadente…, les prophètes se sont alors tournés vers le Roi futur, le Messie, le Christ, celui qui doit venir. L’attente du Messie, du Christ, a une place importante dans l’eschatologie (parole sur ce qui va venir en dernier, sur les derniers temps) juive.

Au temps de Jésus, les juifs attendaient celui qui devait venir, le Christ, celui qui allait sauver le peuple opprimé alors par les romains, celui qui allait les délivrer. (attente politique)

   Ce roi est investi d'une espérance qui dépasse ce qui a eu lieu jusqu'à présent: il s'agit d'un règne sans fin; les noms donnés à ce roi sont divins et marquent un superlatif, une ouverture sur l'infini (autorité multipliée, paix sans fin, règne dans le droit et la justice, à jamais, 4 noms et 4 fonctions de l'enfant).

   Il s'agit d'un texte eschatologique (parole sur ce qui doit venir à la fin) (//Apocalyptique): il y a franchissement d'un seuil qualitatif, un changement de type créateur; pour faire passer le monde de la violence, des multiples guerre à la paix universelle et éternelle, un seuil de type créateur doit être nécessairement franchi. Le moment de ce seuil est imminent: un enfant est né...  dès maintenant et à jamais. 

Cet oracle (associé à d'autres) annonce la conclusion de ce temps-ci et l'avènement d'un autre temps, d'un temps qui élimine les maux du temps présent. Il y a disparition de la guerre et de l'oppression, une paix sans fin. Ce changement ne peut être l'œuvre humaine, il ne peut intervenir que par un acte créateur de Dieu.

Cette eschatologie est suggérée par un langage imagé indirect: ce langage évoque, suggère, mais ne nomme pas; il est donné à nous de le décrypter. L'oracle exprime une plénitude qui n'existe pas actuellement: une plénitude de joie, de paix, de justice, de sécurité, une plénitude de présence de Dieu au milieu des hommes.

L'eschatologie est en fait une exigence de Dieu en face de sa création abîmée: Dieu ne peut laisser le monde tel qu'il est, définitivement abîmé, puisqu'il est le Dieu créateur. Il ne peut perdre définitivement la partie.

Le Dieu créateur est aussi le Dieu rédempteur (recréateur) Celui qui a le pouvoir de créer l’univers a aussi le pouvoir de le restaurer, de le recréer.

   Le fondement de cette nouvelle espérance: la jalousie du Seigneur Sabaôt, c'est-à-dire son amour passionné pour Israël. La motivation de cette intervention vient de ce que Dieu est en lui-même: ce que Dieu est - entraîne ce qu'il fait.

5. Emploi de cet oracle dans le Nouveau Testament

   Selon Mathieu, Jésus commence sa prédication en Galilée, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali, et en 4, 15-16, il cite explicitement les 2 premiers versets de cet oracle: "Terre de Zabulon et terre de Nephtali, Route de la mer, Pays de Transjordanie, Galilée des nations ! Le peuple qui demeurait dans les ténèbres a vu une grande lumière; sur ceux qui demeuraient dans la région sombre de la mort, une lumière s'est levée". Au verset suivant, Jésus commence à prêcher en disant "Repentez-vous car le Royaume des Cieux est tout proche" (4, 17). Mt veut signifier que par la prédication de Jésus, le règne du roi issu de la maison de David s'est approché, et que cet oracle d'Isaïe est en train de s'accomplir.

Mt 1, 23 fait allusion à l'Emmanuel: Jésus est l'Emmanuel annoncé dans ces oracles d'Isaïe.

   Il y a dans l'Evangile de l'enfance de Luc plusieurs allusions à cet oracle:

- Lors de l'Annonciation, l'ange dit à Marie: "Le Seigneur Dieu lui donneras le trône de David son Père; il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n'aura pas de fin" (Lc 1, 32-33)...  Ce roi est descendant de David, son règne sera éternel.

- Benedictus; "Il nous a suscité une puissance de salut dans la maison de David son serviteur" (Lc 1, 69); "pour illuminer ceux qui demeurent dans les ténèbres et l'ombre de la mort" (1, 79)

- L’annonce de la naissance de Jésus aux Bergers par l’ange : « La gloire du Seigneur les enveloppa de lumière » Lc 2,9

- Le texte de la nativité de Lc veut indiquer que Jésus accomplit l'oracle d'Isaïe: "La gloire du Seigneur les enveloppa de lumière" (2, 9). "Je vous annonce une grande joie qui sera celle de tout le peuple: aujourd'hui vous est né un sauveur, qui est le Messie Seigneur, dans la ville de David" (2, 10); le signe donné aux bergers: l'enfant nouveau-né.

Il y a un grand nombre de recoupements entre les textes évangéliques et l'oracle d'Isaïe, et il s'agit donc plus que des coïncidences. Ces allusions des évangélistes nous invitent à lire l'Evangile à la lumière de cet oracle.

 

                                                                                                  Michel Maret, Communauté du Cénacle au Pré-de-Sauges

 

6. Pistes d'appropriation et de réflexion  isaïe  8, 23 - 9, 6

 

   Quelles sont les ténèbres qui m'habitent, les lieux de non-vie, et pour lesquels j'espère la lumière de Jésus ?

 

   Quelles sont les tristesses qui m'empêchent de vivre et pour lesquelles j'attends la visite de Jésus ?

 

   Quels sont les jougs, les bâtons, les gourdins que Jésus veut briser ? Quels sont les oppressions, les esclavages, les exils dont j'espère de Jésus une libération.

 

   Quelles sont les guerres, les violences qui m'habitent, vis-à-vis de moi-même ou vis à vis des autres, que Jésus veut venir pacifier. Quels sont les objets de violence que je souhaite brûler ?

 

   Accueillir pour moi et contempler Jésus comme le Conseiller-Merveilleux, le Dieu-fort, le Père-éternel et Prince-de-Paix.

 

   Faire mémoire de ce qui a déjà pris "naissance" dans ma vie et qui a été source de libération, de lumière, de joie (passages, situations, événements vivifiants)

 

   Puis-je repérer aujourd'hui dans mon existence des signes de la présence de Dieu qui me donnent de croire à une possible transformation créatrice de Dieu, dans ma vie, dans le monde, transformation créatrice qui rompt les déterminismes et fatalismes de l'histoire ?

 

Isaïe 8, 23 - 9, 6 : Structure

Comme le passé a humilié le pays de Zabulon et le pays de Nephtali,

l'avenir glorifiera le chemin de la mer, au-delà de la Jourdain, le district des nations.

 

Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière,

Sur les habitants du sombre pays, une lumière a resplendi.

Tu as multiplié l'allégresse, tu as fais croître sa joie;

ils se réjouissent devant toi comme on se réjouit à la moisson,

comme on exulte au partage du butin.

 

Car  le joug qui pesait sur elle, la barre posée sur ses épaules, le bâton de son oppresseur,

tu les as brisés comme au jour de Madiân.

Car toute chaussure qui résonne sur le sol, tout manteau roulé dans le sang,

serons mis à brûler, dévorés par le feu.

 

Car un enfant nous a été enfanté, un fils nous a été donné,

il a reçu la souveraineté sur ses épaules et on lui a donné ce nom:

Conseiller-merveilleux, Dieu-fort, Père-éternel, Prince-de-Paix,

 

Pour que s'étende le pouvoir dans une paix sans fin, sur le trône de David et son royaume,

Pour l'établir et l'affermir dans le droit et la justice,

 

Dès maintenant et à jamais, l'amour jaloux du Seigneur Sabaôt fera cela.